Un État raté est un État « incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population » — sécurité, santé, éducation, justice — dont les institutions ont été délibérément vidées de leur substance. Il faut distinguer l’« État manqué » (institutions impuissantées) de l’« État raté » (incapacité totale à gouverner).
Application au Congo.
La RDC est un État raté pour la majorité des Congolais, mais un État parfaitement fonctionnel pour les élites prédatrices et leurs partenaires commerciaux. Le système dit du rapportage — où chaque fonctionnaire ou officier nommé reverse des paiements en remontant la chaîne hiérarchique — fait peser une charge fiscale réelle de 55% sur les citoyens. Des structures parallèles de commandement sont créées pour garantir la loyauté, les milices sont intégrées sans vetting réel, et l’armée bloatée commet des abus en collaboration avec les groupes armés qu’elle est censée combattre.
Impact.
L’État raté congolais n’est pas une faillite accidentelle, mais une construction sur 130 ans de kleptocracie violente. Il garantit l’impunité des réseaux de prédation, empêche toute réforme sérieuse et prive le pays de la capacité à défendre sa souveraineté. En 2006 déjà, le Kongo-Kinshasa était décrit comme « un État raté sous tutelle ».
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