L’extractivisme désigne un modèle économique centré sur l’exploitation intensive des ressources naturelles — minerais, terres, forêts — au profit d’acteurs extérieurs, sans redistribution locale ni transformation industrielle sur place. Au Congo, le sous-sol recèle du cobalt, du coltan, de l’or, du cuivre, de l’uranium et bien d’autres minerais stratégiques pour l’économie mondiale.
Application au Congo.
L’Est du Congo — principalement le Nord et Sud-Kivu — est devenu une zone d’extraction forcée. Les groupes armés, y compris le M23 soutenu par le Rwanda, ont mis en place de véritables « administrations minières » dans les territoires occupés. La seule mine de coltan de Rubaya rapportait ainsi 800 000 dollars par mois au M23. Ces minerais transitent par des corridors organisés (voie rwandaise, voie ougandaise) vers Mombasa, Dar es-Salam, puis l’Europe, les Émirats et l’Asie — l’État congolais ne percevant aucun revenu sur ces flux.
Impact.
L’extractivisme alimente directement l’économie de guerre : sans minerais à piller, les conflits perdent leur raison d’être financière. Il maintient le Congo dans une logique de « réservoir de matières premières » héritée de la colonisation, empêchant tout développement endogène.
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