Signé le 27 juin 2025 à Washington sous l’égide des États-Unis, cet accord bilatéral fait suite à la Déclaration de principes du 25 avril 2025. Il comporte deux volets : sécuritaire (respect de l’intégrité territoriale, cessation des hostilités, interdiction de soutenir des groupes armés comme les FDLR ou le M23/AFC) et économique. Il prévoit un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire basé sur le concept d’opérations de Luanda (octobre 2024), ainsi que le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non-étatiques.
Impact sur le Congo et les Congolais :
Cet accord marque l’entrée officielle des États-Unis comme médiateur principal, supplantant les processus africains (Luanda, Nairobi). Pour les Congolais, son architecture reproduit la structure de Pretoria 2002 : la RDC doit neutraliser les FDLR, le Rwanda doit cesser de soutenir le M23/AFC. L’asymétrie demeure : les FDLR sont une menace rwandaise hébergée en RDC, tandis que le M23/AFC est une rébellion soutenue, armée et encadrée par Kigali.
La dimension économique de l’accord, liée aux ressources minérales stratégiques (cobalt, coltan), soulève des interrogations sur les contreparties accordées à Washington et Kigali. L’accord-cadre de Doha (novembre 2025) entre le gouvernement congolais et le M23, sous médiation qatarienne, vient compléter ce dispositif.
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