Par Mufoncol Tshiyoyo
Mboka oyo, Congo, RDC, tozali kokende wapi ?
Mobutu Sese Seko fut l’homme des Américains et de la Belgique, pour ne pas dire de l’Occident. Je fonde ma lecture sur les travaux du Belge Ludo De Witte, « L’ascension de Mobutu : comment la Belgique et les USA ont fabriqué un dictateur », un livre préfacé par le Suisse Jean Ziegler. Constat : jamais, tout au long de son règne, Mobutu ne s’est affiché publiquement avec un drapeau américain pour remercier ses parrains.
Transfert de représentation
De même, Paul Kagame, l’ami des Américains, l’homme pour qui Barack Obama a demandé aux Congolais de pardonner et d’oublier les crimes, lui non plus n’a jamais marché derrière une bannière étoilée pour les remercier.
À partir d’un certain seuil, le geste ne relève plus de la reconnaissance, mais d’un transfert de représentation.
Combien de fois les Belges, les Américains et l’Occident ont-ils sanctionné leur propre homme, Mobutu, souvent à la demande de l’opposition de l’époque ? Pourtant, je n’ai jamais vu Étienne Tshisekedi, dont certains ont aujourd’hui privatisé l’héritage, organiser une marche de remerciement et s’y rendre avec un drapeau américain.
Il en ressort une distinction simple : une frontière, discrète mais décisive, entre remercier ses parrains et externaliser sa propre existence. À partir d’un certain seuil, le geste ne relève plus de la reconnaissance, mais d’un transfert de représentation.
Le fait observé ce jour ne peut donc pas être réduit à un simple détail. Il constitue un indicateur. Celui d’une élite qui ne tient plus la barre : elle ne produit plus de verticalité nationale et recourt à des références extérieures pour exister politiquement.
La tolérance cesse d’être une option…
Dans ce contexte, le modèle des partis politiques, au Congo comme ailleurs en Afrique, a atteint ses limites. Pourquoi y croire encore quand, précisément au moment où une ligne devrait être tenue, elle s’efface au profit de l’opportunisme ? Il y a toujours un point de bascule, un moment où les compromis ne se régulent plus. Je l’affirme haut et fort: ils débordent.
Ce qui révèle le vide, ce n’est même pas le geste. C’est l’indifférence qui l’entoure. OUI, des personnes peuvent marcher et organiser leur folie comme bon leur semble. En plus, c’est leur droit. Mais ça… non. À ce stade, la tolérance cesse d’être une option.
Le test est simple : remplacez ce drapeau par celui de la Russie ou de la Chine. Si votre réaction change, c’est que vous avez accepté l’idée d’un Congo réduit au rang de sous-préfecture. L’hiérarchie de la réaction est déjà établie.
Ainsi, ce qui révèle le vide, ce n’est même pas le geste. C’est l’indifférence qui l’entoure. OUI, des personnes peuvent marcher et organiser leur folie comme bon leur semble. En plus, c’est leur droit. Mais ça… non. À ce stade, la tolérance cesse d’être une option.
Likambo oyo eza likambo ya mabele
Mufoncol Tshiyoyo, M.T., un homme libre
CEO, executive manager du think tank La Libération par la Perception (Lp) en sigle