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L’AES ou l’Afrique qui ose : Pourquoi la jeunesse africaine doit rejoindre le Sahel

L’AES ou l’Afrique qui ose : Pourquoi la jeunesse africaine doit rejoindre le Sahel

L’AES ou l’Afrique qui ose : Pourquoi la jeunesse africaine doit rejoindre le Sahel 1280 720 Ingeta

Par Mufoncol Tshiyoyo

Face à l’immobilisme des États qui dorment et au déclin de l’Europe, l’Alliance des États du Sahel (AES) ouvre une brèche historique. Ce manifeste appelle la jeunesse africaine de tout le continent à rompre avec le statut de spectateur et à s’engager au sein de l’armée du Sahel. Non comme mercenaires. Mais pour acquérir la force et la méthode nécessaires à la future libération de leurs propres nations. Une réflexion sans concession sur la mécanique de la souveraineté.

Une carte se redessine en silence. L’Afrique a longtemps cru pouvoir la regarder se redessiner sans elle. Cette époque est finie. Elle s’est terminée à Bamako, à Ouagadougou, à Niamey, sans préavis, sans manifeste préalable, sans intellectuels pour l’annoncer.

Dans un monde où les puissances s’affrontent et recomposent en silence la carte d’un ordre naissant, celui qui ne se bat pas n’est pas pacifique : il est absent. Il sera redessiné par les autres. L’AES est appelée à surprendre. Mais elle ne surprendra que si elle cesse de se penser petitement.

Aujourd’hui, je n’écris pas pour rassurer. Je n’écris pas pour les colloques, les éditoriaux, les conférences où l’on se rencontre entre soi pour conclure qu’il faudrait, un jour, peut-être, envisager. J’écris parce qu’il s’est passé au Sahel quelque chose que nul dans ces lieux n’avait su prévoir, et que ce quelque chose appelle une pensée à sa hauteur.

Trois États ont décidé qu’ils étaient des États. C’est tout. Et c’est immense. »L’État, écrit Renouvin, dans la forme que nous lui connaissons, est associé à un territoire, sur lequel il exerce un contrôle » ( Renouvin & Duroselle,1991: 7)

Le Mali, le Burkina et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, ne demandent plus la permission. Et que l’on ne s’y trompe pas. Ce n’est pas la guerre qui m’inquiète. Le contraire m’aurait étonné. Dans un monde où les puissances s’affrontent et recomposent en silence la carte d’un ordre naissant, celui qui ne se bat pas n’est pas pacifique : il est absent. Il sera redessiné par les autres. L’AES est appelée à surprendre. Mais elle ne surprendra que si elle cesse de se penser petitement.

Un point sur ceux qui ont pensé l’Afrique avant nous

Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga et, avant ou autour d’eux, Nkrumah, Cabral, Fanon, Sankara : chacun, à sa manière, a amorcé une réflexion sur l’unité du continent. Diop dans le registre culturel et historique, avec Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire. Obenga, dans le prolongement linguistique et historiographique de cette ligne, L’État fédéral d’Afrique noire : la seule issue. Nkrumah seul sur le terrain proprement politique, avec « Africa Must Unite » en 1963. Cabral, Fanon, Sankara dans le registre de la lutte, chacun dans le cadre étroit de son territoire et de sa génération.
Ils ont amorcé. Aucun n’a conclu.

On a continué à démontrer que l’unité était souhaitable. On a cessé de réfléchir à la manière dont elle se construirait. Certains de ceux qui théorisaient l’unité ont, en même temps, servi des régimes qui l’empêchaient. On ne fait pas l’Afrique avec des hommes qui acceptent des portefeuilles ministériels dans des États qui sont eux-mêmes un obstacle.

Diop a montré que l’unité africaine était fondée. Il n’a pas montré comment elle se ferait (au conditionnel). Obenga a poursuivi sur le même registre sans presque franchir ce seuil. Tous deux ont supposé, je crois, que la démonstration de la légitimité historique entraînerait d’elle-même la volonté politique des États, des élites et des peuples. Cette supposition était fausse. Soixante ans plus tard, la légitimité historique est établie et l’Afrique demeure morcelée, dépendante, administrée par ses anciens maîtres, avec la complicité de ses propres dirigeants. La preuve a été faite. Elle n’a rien produit.

Nkrumah, lui, avait compris que sans force il n’y a pas d’unité, seulement des conférences. Il proposait un commandement militaire continental, une monnaie commune et une citoyenneté africaine. On l’a renversé trois ans plus tard avec l’aide bien documentée des services occidentaux, et le projet a été enterré avec lui. L’Organisation de l’unité africaine, puis l’Union africaine, sont les coquilles vides qui ont pris la place de sa vision : des syndicats de chefs d’État qui se garantissent mutuellement leurs frontières héritées et leurs fauteuils. L’inverse exact de ce qu’il voulait.

Depuis Nkrumah, aucun autre penseur africain de premier plan n’a sérieusement abordé la question de la force (la violence) comme condition de l’unité. La pensée s’est intellectualisée à mesure qu’elle se désarmait. Elle est devenue une affaire de colloques, de livres, de chaires universitaires, souvent au sein des universités mêmes des anciennes métropoles, ce qui n’est pas un détail (MBembe). On a continué à démontrer que l’unité était souhaitable. On a cessé de réfléchir à la manière dont elle se construirait. Certains de ceux qui théorisaient l’unité ont, en même temps, servi des régimes qui l’empêchaient. On ne fait pas l’Afrique avec des hommes qui acceptent des portefeuilles ministériels dans des États qui sont eux-mêmes un obstacle.

Ce qui reste à penser, et surtout à faire, c’est la force. Comment elle se construit, comment elle se transmet, comment elle revient au pays. Ce texte n’est pas une nouvelle théorie de l’unité africaine. C’est une note sur sa mécanique. Et la mécanique commence par l’AES.

Un mot sur le recrutement

Sur le plan militaire, l’AES ne peut pas se contenter des Maliens, des Nigériens et des Burkinabè. Le projet est trop ambitieux pour les seules populations qui l’ont lancé. Il faut ouvrir les rangs. Il faut que la jeunesse africaine, congolaise, gabonaise, tchadienne, sénégalaise et au-delà — cette jeunesse que l’inutilité ronge, à qui l’on ne demande rien, qui ne sert à rien dans son propre pays parce que son propre pays n’existe pas — puisse intégrer l’armée de l’AES. Je dis et j’insiste.

Sur le plan militaire, l’AES ne peut pas se contenter des Maliens, des Nigériens et des Burkinabè. Le projet est trop ambitieux pour les seules populations qui l’ont lancé. Il faut ouvrir les rangs. Il faut que la jeunesse africaine — cette jeunesse que l’inutilité ronge, à qui l’on ne demande rien, qui ne sert à rien dans son propre pays parce que son propre pays n’existe pas — puisse intégrer l’armée de l’AES.

Pour pas grand-chose. Parce que le vrai prix qu’on lui paie, ce n’est pas le solde. C’est lui apprendre quelque chose qu’aucune école, aucun cadre familial, aucun État défaillant ne lui a jamais enseigné : à mourir sur la terre africaine. Pour elle. Pas pour un drapeau étranger, pas pour un contrat de sécurité privé, pas pour une cause qu’on leur explique mal. Pour la terre. likambo oyo eza likambo ya mabele.

L’objection viendra, et elle viendra vite. Des chancelleries européennes, des éditorialistes parisiens, de Washington, de Londres, de Bruxelles, et de quelques universitaires africains formés à penser dans la langue de leurs anciens maîtres. Elle aura plusieurs visages, mais une seule logique : disqualifier d’avance ce que des Africains feraient pour eux-mêmes en le ramenant à des catégories qui ne le concernent pas.

On parlera de soldats de fortune, de combattants étrangers ; on convoquera la Légion étrangère et les tirailleurs. Toutes ces figures ont une chose en commun : l’homme qui se bat pour quelqu’un d’autre, sur une terre qui n’est pas la sienne, contre un ennemi qui n’est pas le sien, et qui s’en va lorsque la solde s’arrête. Rien de ce que nous décrivons ne ressemble à cela.

Ce que nous décrivons est exactement l’inverse.

Le jeune Congolais, Ivoirien, Sénégalais, Angolais, Gabonais, Tchadien qui rejoint l’AES ne se bat pas pour quelqu’un d’autre. Il se bat pour l’Afrique, et l’Afrique inclut son propre pays — ce pays où il ne sert à rien aujourd’hui, où on ne lui demande rien, où sa jeunesse est gaspillée en attendant un emploi, un visa, un destin que personne ne lui prépare. Il se bat sur une terre qui est la sienne. En effet, la terre africaine est sa terre, et apprendre à mourir pour elle au Sahel, c’est apprendre à vivre pour elle partout.

L’AES n’est pas une armée de conquête. C’est une école, un foyer, un point de départ. Ce qu’elle offre, c’est la formation et le terrain sur lequel elle se forge. Ce qu’elle attend en retour, c’est que chaque homme reparte faire chez lui ce que les Maliens, les Burkinabè et les Nigériens ont fait chez eux.

Surtout, il ne s’en va pas quand le combat s’achève. C’est là que tout commence pour lui. Une fois la mission du Sahel accomplie et l’AES consolidée, il rentre. Il rentre chez lui, à Brazzaville, à Abidjan, à Dakar, à Luanda, à Libreville, à N’Djamena, avec ce qu’aucune université, aucun stage, aucune coopération étrangère ne lui auraient jamais donné : la formation, l’expérience, la fraternité de combat et, essentiellement, la certitude qu’on peut prendre son pays au lieu d’attendre qu’il tombe.

Parce qu’il faut être clair sur ce point, et c’est peut-être le plus important de tout ce qui sera dit ici. Ce n’est pas à l’AES de venir libérer le reste de l’Afrique. Ce serait reproduire, sous un drapeau noir, le geste qu’on reproche aux autres depuis deux siècles : la libération apportée de l’extérieur, sur les baïonnettes d’une armée fraternelle, par des hommes qui ne sont pas du pays. Cette libération-là ne libère personne. Elle remplace une tutelle par une autre. Les Congolais le savent depuis l’avènement de cette chose dite « l’AFDL ».

L’AES n’est pas une armée de conquête. C’est une école, un foyer, un point de départ. Ce qu’elle offre, c’est la formation et le terrain sur lequel elle se forge. Ce qu’elle attend en retour, c’est que chaque homme reparte faire chez lui ce que les Maliens, les Burkinabè et les Nigériens ont fait chez eux. Le Congo sera libéré par les Congolais. La Côte d’Ivoire par les Ivoiriens. Le Sénégal par les Sénégalais. L’Angola par les Angolais. Le Gabon par les Gabonais. Le Tchad par les Tchadiens. Mais pas par les Congolais, Ivoiriens, Sénégalais, Angolais, Gabonais, Tchadiens qu’ils sont aujourd’hui — désœuvrés, dépolitisés, formatés à attendre. Par ceux qu’ils seront devenus après être passés par l’AES.

Ce n’est pas un contrat. C’est une transmission.

Puisque l’argument viendra forcément, qu’on regarde ce qui s’est passé en Ukraine ces dernières années. Des milliers de jeunes Français, Suédois, Allemands, Polonais, Norvégiens, Britanniques et Américains sont partis se battre contre la Russie sur une terre qui n’était pas la leur. Aucun n’était ukrainien. Aucun ne défendait sa frontière. L’Occident les a appelés volontaires internationaux et a salué leur courage, leur idéalisme et leur engagement. Pas un éditorial pour s’en offusquer. Pas un ministre pour les disqualifier.

Un Européen qui meurt loin de chez lui pour une cause est noble par définition. Un Africain qui ferait la même chose serait suspect par définition. C’est l’un des derniers bastions du regard colonial : la conviction que l’Africain n’agit jamais par conviction, mais seulement par intérêt étroit ou par manipulation.

Pourquoi ? Parce qu’un Européen qui meurt loin de chez lui pour une cause est noble par définition. Un Africain qui ferait la même chose serait suspect par définition. C’est l’un des derniers bastions du regard colonial : la conviction que l’Africain n’agit jamais par conviction, mais seulement par intérêt étroit ou par manipulation. Qu’il n’a pas droit à la cause.

Nous récusons cette grille. Et nous la récusons d’autant plus tranquillement que ce que nous décrivons va plus loin que ce que les volontaires ukrainiens ont fait. Le Norvégien parti à Kharkiv ne reverra pas Oslo transformée par son combat. Il rentre, ou il ne rentre pas, et la Norvège reste la Norvège. Le jeune Tchadien dans l’AES, lui, reviendra avec ce qu’il faut pour transformer N’Djamena. Son combat extérieur prépare son combat intérieur. Il n’y a, dans toute l’histoire militaire récente, que peu d’engagements qui aient cette structure. Le reste de la stratégie reste à construire, et tout n’est pas bon à exposer sur le Net.

Sur l’Europe

Comprenons, une bonne fois pour toutes, que les autres ne nous donneront rien gratuitement. Jamais. Cette phrase devrait être affichée dans toutes les chancelleries africaines, lue chaque matin par chaque ministre, et gravée à l’entrée de chaque université. Rien. Jamais. Gratuitement.

L’Europe a cessé de vivre — du moins comme puissance qui décide de notre sort. Elle existe encore, bien sûr, comme marché, comme musée, comme destination touristique pour les classes moyennes asiatiques. Mais, comme puissance pesant sur les choix d’un continent, elle est finie.

L’Europe a cessé de vivre — du moins comme puissance qui décide de notre sort. Elle existe encore, bien sûr, comme marché, comme musée, comme destination touristique pour les classes moyennes asiatiques. Mais, comme puissance pesant sur les choix d’un continent, elle est finie. Nous ne devons pas assister, les mains tendues, à sa reconstitution éventuelle, en restant là dans l’attente, comme nous l’avons toujours fait depuis soixante ans. La France, la Belgique, l’Italie, la Pologne : ces pays ne disent plus rien, pas même symboliquement. Ils ne produisent plus de doctrine, de vision ni de geste. Ils administrent leur déclin à l’aide d’éléments de langage.

Et il n’y a plus, dans nos capitales, que quelques nostalgiques pour rêver encore de Paris ou de Bruxelles. Quelques fonctionnaires vieillissants, quelques universitaires en quête de colloques, quelques fils de famille pour qui le passeport européen reste le signe extérieur de la réussite. Ceux-là sont à laisser au bord de la route. Ils ne comprendront pas ce qui se passe. Ils n’ont pas à le comprendre. L’histoire ne les attend pas.

Sur le Congo

Le Congo n’existe pas. Il faut le dire, parce que personne ne le dit, et parce que c’est la condition pour qu’il existe un jour. Il ne s’y passe rien — rien de structuré, rien de pensé, rien qui s’inscrive dans une trajectoire. Le pays est immense, riche, peuplé, central et absent. Absent de la carte des puissances, absent des rapports de force régionaux, absent même de sa propre histoire récente.

Parce que des enfants ont été placés à la tête de ces pays. Des enfants au sens politique du terme : des hommes qui n’ont ni lu ni compris l’histoire de leur propre pays, qui confondent le pouvoir avec sa jouissance, qui prennent la fonction présidentielle pour une succession patrimoniale et la diplomatie pour un calendrier de rendez-vous-voyages. Ils ne sont pas méchants. C’est pire. La méchanceté laisse des traces ; elle marque une époque ; elle peut même, par contraste, faire surgir une résistance. Le vide ne laisse rien. Il prolonge le sommeil. Il rend les peuples doux à leur propre effacement.

Pendant que le Mali expulsait l’ambassadeur de France, que le Burkina renvoyait les forces spéciales, que le Niger fermait l’uranium, le Congo continuait de recevoir, de signer, de remercier. Pendant que des États plus petits, plus pauvres et plus enclavés se redressaient, le Congo s’asseyait. Pendant qu’au Sahel des hommes prenaient des décisions de chefs, à Brazzaville et à Kinshasa on régissait encore un héritage comme on dirige une succession notariale.

L’un de ceux qui occupent ces fauteuils a déclaré publiquement, sans rougir, que les États-Unis lui avaient demandé de modifier la Constitution de son pays. Il l’a dit comme on rapporte une marque d’estime, presque flatté qu’on s’intéresse à lui. Voilà le degré atteint. Non seulement une puissance étrangère se permet de dicter à un État africain ce qu’il doit faire de sa loi fondamentale — ce qui, en soi, serait déjà accablant —, mais celui à qui l’instruction est donnée trouve la chose suffisamment honorable pour la raconter en public. Il n’a pas honte. Il n’a même pas conscience qu’il devrait avoir honte. Et c’est cela, exactement cela, qui sépare le Sahel d’aujourd’hui du reste du continent : à Bamako, à Ouagadougou, à Niamey, on aurait répondu à une telle demande par l’expulsion de l’ambassadeur. À Kinshasa, on en fait une anecdote diplomatique.

Pourquoi ? Parce que des enfants ont été placés à la tête de ces pays. Des enfants au sens politique du terme : des hommes qui n’ont ni lu ni compris l’histoire de leur propre pays, qui confondent le pouvoir avec sa jouissance, qui prennent la fonction présidentielle pour une succession patrimoniale et la diplomatie pour un calendrier de rendez-vous-voyages. Ils ne sont pas méchants. C’est pire. La méchanceté laisse des traces ; elle marque une époque ; elle peut même, par contraste, faire surgir une résistance. Le vide ne laisse rien. Il prolonge le sommeil. Il rend les peuples doux à leur propre effacement.

Et c’est précisément pour cela que les jeunes Congolais doivent partir. Apprendre ailleurs ce que personne ne leur enseigne ici. Revenir avec ce qu’aucun héritier ne saurait transmettre. Comme aucun héritier ne l’a appris : la conviction qu’un État se prend. Il ne s’attend pas.

Sur ce qui vient

Aucun respect ne protège plus l’Europe. Elle a longtemps vécu sous l’aile du grand frère anglo-saxon, bombant la poitrine et se montrant contente, croyant que la prospérité importée et la sécurité sous-traitée tiendraient lieu de puissance. Cette époque est finie. Le grand frère a ses propres affaires, ses propres frontières à tenir, ses propres adversaires à contenir. Il ne reviendra pas pour garder l’Europe comme on garde un coffre.

L’AES n’a pas besoin d’être aimée. Elle n’a pas besoin d’être comprise. Elle a besoin d’être imitée. C’est tout ce qu’on demande aux jeunes qui liront ce texte : qu’un jour, ailleurs, ils fassent la même chose. Osons autrement penser.

C’est dans cette ouverture, dans ce moment où le vieux monde ne tient plus et où le nouveau ne s’est pas encore figé, que l’AES doit frapper. Non par aventure. Par lucidité. Parce que les fenêtres historiques se ferment vite, et parce que ceux qui n’y entrent pas restent dehors pour un siècle.

Ce qui est en train de se construire au Sahel ne demande l’approbation de personne — ni des anciennes métropoles, ni des chancelleries voisines, ni des intellectuels du continent qui voudraient rester arbitres. L’arbitrage est terminé. Il y a désormais ceux qui font et ceux qui regardent. La seule question qui vaille pour chaque Africain de ce temps est de savoir dans quel camp il sera retrouvé quand l’histoire fera ses comptes.

L’AES n’a pas besoin d’être aimée. Elle n’a pas besoin d’être comprise. Elle a besoin d’être imitée.
C’est tout ce qu’on demande aux jeunes qui liront ce texte : qu’un jour, ailleurs, ils fassent la même chose.
Osons autrement penser.

 

Mufoncol Tshiyoyo, M.T., un homme libre dans la nature

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