Par Mufoncol Tshiyoyo
Après Donald Trump, c’est au tour de Vladimir Poutine de se rendre en Chine. J’allais dire « lui aussi », mais ce serait oublier que le président russe y est habitué. Les liens qui unissent la Chine et la Russie sont en effet d’une rare qualité. Longtemps, l’Occident a tout tenté pour diviser ces deux nations. Ses propres stratégies de pression ont finalement accéléré leur rapprochement.
Ce qui me renvoie à la préface de l’ouvrage des deux maîtres français des relations internationales, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle. Hubert Védrine écrivait à juste titre :
« L’attente des Occidentaux dans les années 90 d’un monde post-historique et géré par eux-mêmes avec la bienveillance de la « communauté internationale » était chimérique […]. Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Au final, il est probable que notre monde multipolaire et instable, où l’Occident n’a plus le monopole de la puissance, même s’il reste puissant et riche (…) La comparaison n’est pas la raison, et le XXIᵉ siècle sera sans nul doute différent, mais si les Européens veulent que l’Europe soit un pôle d’un monde multipolaire, ce qui n’est pas acquis, ils doivent sérieusement y réfléchir. » (Védrine, préface dans Renouvin & Duroselle, 1991, pp. VII-VIII)
Pendant que certains s’accrochent encore au XXᵉ siècle, le XXIᵉ, lui, s’écrit déjà à Pékin. Au Congo, trop souvent, les enfants ne jurent que par leur « grand frère » américain, de manière machinale et sans y prendre garde. Pourtant, l’histoire devrait nous instruire.
Après le départ de Donald Trump et la visite du président russe, force est de constater que les Chinois n’ont pas souhaité un nouveau Yalta à trois. À l’inverse, les deux partenaires de l’Est se rencontrent pour dessiner les contours d’un monde nouveau, dans lequel l’Occident est désormais sommé de réfléchir pour trouver sa place. Pendant que certains s’accrochent encore au XXᵉ siècle, le XXIᵉ, lui, s’écrit déjà à Pékin. Au Congo, trop souvent, les enfants ne jurent que par leur « grand frère » américain, de manière machinale et sans y prendre garde.
Pourtant, l’histoire devrait nous instruire. Dans la revue Horizons et débats, le professeur russe Andreï Fursov aimait rappeler la thèse de l’excellent géopoliticien Alexeï Iedrikhine-Vandam : « Il n’y a qu’une chose qui puisse être pire que l’hostilité avec les Anglo-Saxons : c’est l’amitié avec eux. » L’Occident, en particulier le bloc anglo-saxon, ne garantit jamais rien à personne, et encore moins à ceux qui ont trahi leur pays et leur peuple. Les anciens aimaient à dire : « Roma traditoribus non praemia » (Rome ne paie pas les traîtres). À vrai dire, l’Histoire montre qu’il les paie bien… mais seulement jusqu’à un certain point, avant de les abandonner à leur sort. Vivement le XXIe siècle…
Likambo oyo eza likambo ya mabele.
Mufoncol Tshiyoyo, M.T., un homme libre
CEO of the think tank La Libération par la perception (Lp en sigle)