Par Jean-Pierre Mbelu
« Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensées limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations matérielles, médiocres, Moins il peut se révolter ». Günter Anders
Il y a des moments où il devient urgent de se poser la question de savoir si le Kongo-Kinshasa a réellement une classe politique. Et s’il en a une, de quoi s’occupe-t-elle ? Pourquoi donne-t-elle l’impression d’être absente du débat sur le devenir collectif du monde ? Est-ce parce qu’elle n’est pas à la hauteur ou parce qu’elle ne comprend le lien existant entre les problèmes internes du pays et le devenir collectif du monde ? Faut-il chercher à comprendre cette démission ou pas ? Il n’est pas possible qu’une classe politique digne de ce nom n’ait de préoccupations que celles concernant les questions secondaires et qu’elle soit incapable de se poser comme partenaire au coeur des débats liés au devenir du monde. En voici un tel qu’Alexandre Douguine en provoque : La scission interne et irréversible au sein de l’Occident – Réseau International.
La classe politique kongolaise actuelle, à quelques exceptions près, est une misère. Elle n’a pas les outils d’analyse lui permettant de comprendre les changements tectoniques du monde. Compter sur elle pour un bien-vivre-ensemble au coeur de l’Afrique est un mauvais calcul. Elle est dépassée. Elle est déphasée. Ses préoccupations bassement matérialistes l’ont perdue. Elle n’existe plus.
Il est vraiment rarissime d’entendre un « politicien kongolais » prendre une position claire et nette sur les questions concernant les changements tectoniques du monde en partant d’une lecture et d’une analyse approfondie de ces questions. C’est fou. Pourtant, cette classe politique est constamment sur Internet. Qu’est-ce qu’elle lit sur les réseaux sociaux ? Que fait-elle de ses lectures ? C’est fou.
Le petit espoir vient de ces jeunes comme Lushima et Patrick Eale . Eux sont en train de devenir une lumière dans les ténèbres d’une classe politique fatiguée et incapable d’imagination, de créativité et d’inventivité. Lushima, Patrick Eale et leurs amis sont aujourd’hui des jeunes dont la compréhension de la marche du monde peut apporter un plus au pays. Ils sont de la lignée de Kambale Musavulu, de Boniface Musavuli, de Mufoncol Tshiyoyo, de Patrick Ifonge, de Bénédicte Ndjoko et de leurs amis de Likambo Ya Mabele ayant compris depuis 2008 que le Kongo-Kinshasa a besoin d’une autre classe politique. Il n’y a rien à espérer de ces « commentateurs » des dîners des agents de Kigali à Bruxelles.
Lushima, Patrick Eale et leurs ami(e)s et les autres jeunes kongolais du même acabit auraient intérêt à lire l’appel de Bénédicte Ndjoko à la jeunesse kongolaise[1]. La classe politique kongolaise actuelle, à quelques exceptions près, est une misère. Elle n’a pas les outils d’analyse lui permettant de comprendre les changements tectoniques du monde. Compter sur elle pour un bien-vivre-ensemble au coeur de l’Afrique est un mauvais calcul. Elle est dépassée. Elle est déphasée. Ses préoccupations bassement matérialistes l’ont perdue. Elle n’existe plus.
Lushima, Patrick Eale et les ami(e)s doivent davantage se convaincre que penser, s’adonner au débat des idées n’est pas un luxe[2].
Babanya Kabudi
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[1] Message à la jeunesse congolaise – Ingeta [2] Lire E. IFONGE, Ce n’est pas un luxe. Idées, ressources & ressources qui nous font avancer, Paris, Congo Lobi Lelo, 2025.