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Les vassaux de l’Amérique à la tête du Congo

Les vassaux de l’Amérique à la tête du Congo

Les vassaux de l’Amérique à la tête du Congo 1024 683 Ingeta

Par Mufoncol Tshiyoyo

Accepter les étrangers au Congo, comme cela a été fait avec d’autres, n’est ni une nouveauté ni une stratégie. Au contraire, c’est l’expression d’une vassalité profonde que nous combattrons avec toute notre énergie…

Je m’appuie ici sur la principale leçon de notre millénaire, telle qu’elle a été formulée par Sergueï Lavrov:
« Il faut espérer en Dieu, mais ne pas faillir à soi-même. On ne peut compter que sur le Très-Haut sans se bercer d’illusions. Quand les personnes vous ont trompé plus d’une fois, la sagesse, même biblique, enseigne qu’on ne bâtit rien avec elles sur la confiance. » C’est un principe de survie. Parce que ces gens ne méritent pas notre confiance.

L’histoire comme témoin

L’histoire nous sert de témoin. Regardez comment les Américains ont traité Mobutu. Ils l’ont placé à la tête du Congo après avoir fait assassiner Lumumba ; ils s’en sont servis, puis l’ont abandonné et humilié. Le corps de Mobutu est enterré au Maroc, loin de sa terre. Est-ce là le prix de sa loyauté ?

Quand les personnes vous ont trompé plus d’une fois, la sagesse, même biblique, enseigne qu’on ne bâtit rien avec elles sur la confiance.

Je pense également à notre ami Léon. L’homme dit de la rigueur. Il fut aussi proche d’eux que de la Belgique. Pourtant, malgré sa proximité avec l’Occident, ce dernier lui a refusé l’accès au pouvoir-os après la chute orchestrée de Mobutu. Léon et moi en avions parlé une fois, à Bruxelles puis à Paris, autour d’un dîner et d’un verre de vin. Je lui ai posé la question suivante, sachant que Mobutu était mourant, condamné par sa maladie : comment « ils » n’ont pas su négocier le pouvoir avec leurs parrains occidentaux. Ainsi, ils nous auraient épargné l’humiliation que le pays traverse depuis 1996.

Le sort du général Donat Mahele procède de la même logique. Je l’ai connu à la banque, cet ancien exportateur de café. Il a « trahi » le Maréchal, convaincu que le pouvoir lui reviendrait après la rencontre prévue à Lusaka entre lui et LDK, chef de la bande d’aventuriers de l’AFDL. Mahele finit par être assassiné, victime de l’abandon des Français et de sa croyance naïve envers les Américains.

Parallèlement, ces mêmes Français ont « trompé » le général Likulia. Leur homme. Qu’est-ce qui s’est réellement passé entre ces deux officiers? Entre Likulia et Mahele, le courant ne passait pas, alors qu’au Togo, les proches d’Eyadema ont su taire leur ego pour conserver, même provisoirement, le « pouvoir ».

Oser notre propre voie

Aujourd’hui, le schéma se répète. Selon Debré dans Le Retour du Mwami, les Anglo-saxons ont jeté leur dévolu sur les Tutsi du Rwanda pour régir le Congo. À leur tour, ces derniers « cèdent » malignement le pouvoir à des sujets congolais qui ne se gênent plus pour faire comprendre aux Congolais que c’est Donald Trump qui légitime leur autorité, et non la démocratie ni les prétendues élections.

Quand on fait de la vassalité un mode d’existence, on finit par ne plus voir ses propres chaînes.

Et sous l’imposition de l’Amérique, ils exigent que nous accueillions des étrangers sur notre sol, alors que le Congo l’a déjà fait avec les Tutsi du Rwanda. Où en sommes-nous ? J’avais raison lorsque j’écrivais : « Arrêtez Kabila aujourd’hui ; demain, il sera trop tard. » Quand on fait de la vassalité un mode d’existence, on finit par ne plus voir ses propres chaînes.

Attention cependant. Mon propos n’est pas de prôner une rupture brutale, comme si le Congo devait fermer la porte au monde. Ce que je prône, c’est d’oser notre propre voie. C’est ce que j’appelle la souveraineté inventive. Il s’agit d’arrêter d’être des sous-traitants pour redevenir les auteurs de notre propre destin.

En un mot, je ne suis pas un opposant. Mais un dissident de la Matrix. Je refuse le script qu’on a écrit pour nous.
J’ai dit ce que j’avais à dire. Likambo oyo eza likambo ya mabele.

Mufoncol Tshiyoyo,
M.T., un homme libre

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