Par Jean-Pierre Mbelu
La « soudanisation » du Kongo n’est pas une invention de « Joseph Kabila ». Notre amnésie collective nous joue des tours.
Barack Obama, en son temps, voulait que les USA « aident » le Kongo comme ils l’ont fait pour le Soudan. Et dans « Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique » (Paris, Fayard, 2010), les acteurs pléniers de la « soudanisation » sont clairement cités et leur liens avec les proxys rwandais et kongolais ont été dévoilés.
Ceux qui ont le livre de Pierre Péan dans leur bibliothèque peuvent le relire. Ils seront bien édifiés.
Qu’ils n’oublient pas de lire aussi « Menaces sur le Soudan et révélation sur le procureur Ocampo. Al-Bashi & Darfour. La contre-enquête » (Paris, Duboiris, 2010) de Charles Onana. Relire ces livres et se reposer la question de savoir de quoi « Joseph Kabila » est-il le nom ? Question à laquelle j’essaie de répondre dans « Demain, après Kabila » (Paris, Congo Lobi Lelo, 2018).
Dans un monde sans ordre juridique contraignant et à l’aube de la naissance d’un monde polyphonique et polycentré, le rappel de troupes de proxys est une arme pouvant être utilisée par les acteurs pléniers d’hier. Tout ou presque tout est dans les livres. L’allusion à « la soudanisation » du pays de Lumumba nous renvoie à nos bibliothèques.
Une guerre d’usure durant une trentaine d’années se gagne d’abord dans les coeurs et dans les esprits. Elle se gagne par la pensée. Sans agitation et sans atermoiements funestes.
Babanya Kabudi