• IDEES & RESSOURCES POUR REINVENTER LE CONGO

Bazalaki nde bapaya : Faut-il applaudir ou comprendre le prix de l’aveuglement ?

Bazalaki nde bapaya : Faut-il applaudir ou comprendre le prix de l’aveuglement ?

Bazalaki nde bapaya : Faut-il applaudir ou comprendre le prix de l’aveuglement ? 853 568 Ingeta

Face aux récentes déclarations de ceux qui nous « gouvernent », le silence n’est plus une option. Entre l’aveu de naïveté et la réalité des massacres à l’Est, il est temps de nommer les responsabilités. Dans cette tribune, je m’interroge sur la valeur d’une vérité qui survient après tant de morts et je rappelle que la souveraineté appartient au peuple, pas aux alliances de circonstance.

Sept années de pouvoir pour admettre enfin l’évidence : ceux que l’on nous imposait hier comme des « frères » étaient en réalité des agents étrangers au service d’intérêts occultes. Cet aveu tardif, résumé dans les propos récents de celui qui, par sa fonction, incarne l’image de la nation, glace le sang.

Une découverte tardive ou un simple repositionnement?

Pourtant, la mémoire ne nous fait pas défaut. Nous n’avons pas oublié que, au début de son « mandat », celui qui occupe aujourd’hui la magistrature suprême, depuis Londres, nous qualifiait de « jaloux ». Il nous présentait alors ces mêmes individus comme ses « frères ». L’histoire se répète, bégayant de manière tragique : Laurent-Désiré Kabila, lui aussi, est arrivé sous la protection de ces mêmes forces, avant de connaître le sort que l’on sait.

On ne rompt pas avec un système dont on conserve les architectes. La naïveté n’est pas une excuse quand elle se paie en vies humaines. Chaque calcul diplomatique erroné a eu sa facture : le sang des Congolais. Est-ce une découverte tardive ou un simple repositionnement, dicté par un changement des rapports de force ?

Comment justifier sept années d’errance politique lorsque ceux qui prétendaient ne rien voir traitaient d’« obsédés identitaires » ceux qui tentaient de les prévenir ? Les écrits restent. Les discours aussi. Ils témoignent de ce moment où l’arrogance du pouvoir s’est substituée à la lucidité. Mais derrière ce théâtre politique se cache une réalité atroce. Pendant que ces acteurs, aujourd’hui dénoncés, étaient protégés au sommet de l’État sous l’étiquette de « citoyens », nos compatriotes mouraient dans l’Est. Des villages ont été rayés de la carte. Des vies ont été ruinées.

Le plus troublant reste l’impunité. Car si le régime dénonce aujourd’hui les siens, le constat est amer : leurs relais et complices demeurent solidement installés au sein des cercles de décision. On ne rompt pas avec un système dont on conserve les architectes. La naïveté n’est pas une excuse quand elle se paie en vies humaines. Chaque calcul diplomatique erroné a eu sa facture : le sang des Congolais. Est-ce une découverte tardive ou un simple repositionnement, dicté par un changement des rapports de force ?

Un refus de l’oubli

Je veux savoir ce que nous dirons aux morts de l’Est. Que dira-t-on aux familles qui ont perdu les leurs pendant que le pouvoir expliquait que tout allait bien ? On ne répare pas sept années de sang avec des slogans improvisés. Une vérité qui arrive après tant de cercueils ne mérite aucune célébration. Comme l’écrivait Albert Camus dans L’Homme révolté, la révolte n’est pas d’abord un cri de haine. Elle naît d’un refus moral face à une injustice devenue insupportable. C’est ce moment où un homme ou un peuple dit simplement : «Cela ne peut plus continuer.»

Que dira-t-on aux familles qui ont perdu les leurs pendant que le pouvoir expliquait que tout allait bien ? On ne répare pas sept années de sang avec des slogans improvisés. Une vérité qui arrive après tant de cercueils ne mérite aucune célébration.

Le peuple congolais n’est pas l’arbitre passif de querelles de palais. C’est le dépositaire de la souveraineté nationale. Ainsi, lorsqu’un peuple commence à relier la mémoire de ses morts aux responsabilités des vivants, la politique cesse d’être un jeu de discours. Elle devient une question de survie.

Non, Tshiyoyo Mufoncol ne cherche pas à nuire ; il cherche à nommer : mettre des mots sur des cadavres et des noms sur des responsabilités. La vérité blesse, mais le silence achève les survivants. Ce texte n’est donc pas un cri de haine. C’est un refus de l’oubli.

Eza likambo ya mabele.

Mufoncol Tshiyoyo, M.T., un homme libre

INGETA.

REINVENTONS

LE CONGO

Informer. Inspirer. Impacter.

Notre travail consiste à :
Développer un laboratoire d’idées sur le passé, présent et futur du Congo-Kinshasa.

Proposer un lieu unique de décryptage, de discussion et de diffusion des réalités et perspectives du Congo-Kinshasa.

Aiguiser l’esprit critique et vulgariser les informations sur les enjeux du Congo, à travers une variété de supports et de contenus (analyses, entretiens, vidéos, verbatims, campagnes, livres, journal).