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Les rapports de force ne sont pas que du « hard »

Les rapports de force ne sont pas que du « hard »

Les rapports de force ne sont pas que du « hard » 1172 774 Ingeta

Par Jean-Pierre Mbelu

« Il faut faire en sorte que l’accès au “savoir” devienne de plus en plus difficile… Et que le fossé se creuse entre entre ‘le peuple’ et la ‘science’. Que l’information destinée au grand public soit “anesthésiée”. »
– Günter Anders

Habitués à voir « les grandes puissances » recourir à leurs armées et/ou coaliser pour écraser leurs ennemis, nous avons eu tendance à ne parler des rapports de force qu’à cet usage du « hard ».

Pourtant, au cours de l’histoire, les usagers de la force brutale des armes ont su se servir du « soft power » pour imposer leur hégémonie. Pour dire les choses autrement, l’usage du « hard power » n’a pu être soutenu que là où le « soft power »[1] l’avait présenté comme étant salutaire. Souvent, le « hard power » s’est accompagné du « soft power » pour être toléré. Victimes consentantes, à quelques exceptions près, du « soft power », nous n’avons pas toujours compris qu’il précède ou accompagne le « hard » en formant, de temps en temps, le « smart ». Là où ce « mariage » vient à manquer sur le moyen et le long temps, le « hard power » subi un rejet massif. Il perd en légitimation.

L’usage du « hard power » n’a pu être soutenu que là où le « soft power » l’avait présenté comme étant salutaire. Souvent, le « hard power » s’est accompagné du « soft power » pour être toléré. Victimes consentantes, à quelques exceptions près, du « soft power », nous n’avons pas toujours compris qu’il précède ou accompagne le « hard » en formant, de temps en temps, le « smart ».

Des peuples ayant appris cette leçon ont écrit, en leurs propres langues, leurs propres livres d’histoire, de géographie, de sciences humaines et politiques, de philosophie, etc. ; ils ont formé leurs propres ingénieurs et bâti des « murs numériques » pour se départir de la domination d’un seul modèle culturel.

L’un de ces peuples n’ayant que rarement eu recours au « hard power » tout au long de sa vieille et millénaire histoire est en train de devenir une grande puissance économique. Ce peuple, « cette force tranquille », recourant à tradition philosophique est en train se s’imposer comme un partenaire incontournable économiquement et technologiquement. Il y a là un exemple du triomphe du « soft power » sur le temps long. Donc, ne voir l’imposition des rapports de force que là où le recours au « hard » est régulier, sur le moyen terme, cela peut être perturbant et ensorcelant.

Ce grand peuple, cet « Etat-civilisation » va prouver, pendant longtemps, ce que Mufoncol Tshiyoyo nous rappelait il n’ y a pas longtemps que « mayi a moto etumbaka elamba te ».

Babanya

[1] L’un des livres étudiant cette question en l’appliquant au cas français est celui de Régis Debray intitulé « Civilisation. Comment sommes devenus américains », Paris, Gallimard, 2017.

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